La saison avance, le chemin se précise
- Aurélien Gard
- 27 août
- 4 min de lecture
La saison 2025 est bien lancée. Elle marque mes débuts officiels dans la classe Mini 6.50, avec une première course à bord de ce qui deviendra le bateau du projet Naviguer en Solidaire : le numéro 1028.
Je vous laissais, dans la dernière newsletter, sur la réception d’une lettre… Elle contenait la première réponse positive d’un financeur, me permettant de lancer officiellement le projet ! De quoi partir sur cette première course avec la tête pleine de rêves.

Mini Fasnet 2025 — première course en Mini
Une première course en double en Mini, la plus longue que j’aie faite à ce jour. Avec Josh, on était prêt. Malgré notre formation lémanique, le gros temps ne nous fait pas peur — on n’est juste pas les rois de la pétole !
La préparation se passe bien. L’ambiance dans le binôme, composé de deux compères aux aptitudes (et aux attitudes) bien différentes, est top. Les prévisions météo sont tendues : peu de vent annoncé, une dorsale anticyclonique à traverser dans la Manche, et un gros choix stratégique à faire (passer au plus court par les Scilly, ou prolonger la route vers le Nord en espérant toucher plus de vent). Une course s’annonçant usante pour les nerfs.
On prend un excellent départ, virant sur la ligne et croisant bâbord devant la majorité de la flotte. Malheureusement, quelques approximations nous valent une réparation de voile d’avant. Il faut apprendre à réparer, gérer la frustration. On reste au contact du paquet de tête, mais le gros morceau arrive : la traversée de la dorsale. Rarement vécu un moment aussi éprouvant psychologiquement. Tu ne sais pas quand tu en sortiras, ni comment les autres s’en sortent. Puis vient le choix stratégique : on part au Nord.
Après deux jours en mer d’Irlande et une deuxième avarie sur une pièce de lamure de gennaker, le bilan est difficile. Les bateaux passés par les Scilly croisent loin devant. On se retrouve même à jeter l’ancre : plus de vent, courant contraire. Seule consolation : le passage d’une baleine majestueuse.
Après un long retour au près, des orages sans vent mais avec des éclairs frappant à quelques mètres du bateau (!), et des moments suspendus, on franchit la ligne après 6 jours, 10 heures et 47 minutes.
On termine à une frustrante 17e place. Pas l’objectif, certes… mais l’essentiel n’était pas là.
J’ai énormément appris. Je me sens à l’aise à bord, je commence à bien connaître ma future monture. Et ce binôme avec Josh, c’est de l’or : des rires, quelques pétages de plomb… et beaucoup de gratitude.
Tour Voile — retour à la régate en équipage
À peine le temps de rentrer à Genève trois jours pour valider les dernières formalités de mon Bachelor en travail social, je repars en Bretagne. Direction le Tour Voile, avec le CER.
Avant cela, je fais un arrêt à Lorient pour une rencontre importante : Alan Roura, dans le cadre de ma candidature à la Swiss Offshore Team (en vue de l’Ocean Race Europe, course en IMOCA en équipage).
Étape 1 : Larmor-Plage → Royan
Sous la houlette de Nils Palmieri, figariste aguerri, j’apprends énormément. Une belle étape de portant, un finish digne du Bol d’Or (zéro vent, courant en prime) et une 5e place à la clé.
Étape 2 : Royan → Pornichet
Beaucoup de près cette fois, un passage sous le pont de l’île de Ré, navigation serrée entre casiers et hauts-fonds. Avec ma responsabilité sur le côté navigation (carto et tactique), j’apprends énormément. On termine à nouveau 5e.
Étape 3 : Pornichet → Port-La-Forêt (via Rochebonne)
L’étape la plus engagée. Après une descente au portant jusqu’à Rochebonne, le vent forcit la nuit : 18, 20, 25 puis 30 nœuds avec une mer très formée. L’équipage souffre et le bateau souffrent : mal de mer, nécessité de gestion des avaries deviennent prioritaire, dur de penser à la régate dans ces conditions, mais ça fait partie du jeu. On finit 7e, un peu frustrant, mais riche en enseignements – humainement et techniquement.
Swiss Offshore Team — première navigation en IMOCA
Un peu au culot et encouragé par mon entourage j’ai postulé sur ce projet.
Il y a 5 ans, je ne savais que faire de la croisière, je ne comprenais rien aux performances d’un bateau, et la course au large me semblait inaccessible.
Aujourd’hui, me voilà à bord d’un IMOCA, ces bateaux du Vendée Globe, pour ma première expérience dans le monde professionnel de la voile.
Retenu comme remplaçant pour l’Ocean Race Europe, je passe de l’excitation pure au syndrome de l’imposteur. Mais je décide de tout prendre, d’apprendre, d’absorber.
Les premières heures à bord sont intenses : tout est plus gros, plus lourd, les charges sont folles, les bruits sont flippants. Mais je vis ça comme un gosse émerveillé, conscient de la chance que j’ai.
Je retrouve aussi des copains, comme Guillaume Rol avec qui j’ai déjà navigué en Figaro l’an passé et fait de belle nouvelle rencontre avec le reste du team.
Un immense merci à Alan Roura et à toute son équipe pour leur pédagogie, leur bienveillance et cette opportunité incroyable.
Cap sur 2026 et la mise en oeuvre de la dimension sociale du projet
Après cet enchaînement intense, place à un peu de repos… et au travail ! Car, même si je ne récupérerai le bateau qu’en janvier 2026, le projet, lui, a bel et bien débuté.
Dès août, je retrouve les trois structures sociales partenaires du projet pour préparer ensemble la suite. Nous allons penser ensemble et trouver la meilleure façon de faire de ce projet, le projet des jeunes de ces structures!
Je me réjouis de pouvoir vous présenter ces partenaires dans la prochaine newsletter !
Merci pour votre lecture, vos messages, vos relais, votre énergie.
Malgré les navigations en solitaire, ce projet n’est pas individuel — il est collectif et engagé.
🎯 Une partie des fonds est trouvée. Mais le budget total pour la période 2026–2029 n’est pas encore bouclé. Si vous souhaitez contribuer, ou connaissez des personnes/entreprises sensibles à cette démarche innovante et solidaire, je serai ravi d’en discuter !


















































Commentaires